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Des gens qui applaudissent lorsque les amoureux s’embrassent, une tonne de personnages secondaires drôles/attendrissants qui ne se mêlent pas de leurs affaires et qui interviennent pour «matcher» les tourtereaux. Les comédies romantiques sont absurdes. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il arrive souvent que l’amoureux transi, dans un moment absolument inopportun, s’élance dans une envolée lyrique sur le sens de la vie. Il se compare alors à un chef d’orchestre, un pilote d’avion, un chef cuisinier ou un fleuriste pour faire comprendre à sa tendre dulcinée à quel point il est sage, poétique et profond. Je verrais bien un mec dire à une fille, alors qu’ils attendent l’ambulance parce que sa grand-mère s’est pêté la yeule dans les escaliers : «Tu sais Monica, moi dans la vie je suis un peu comme un plombier. Je sens quand les femmes ont le drain émotionnel bouché, je sais toujours quand vient le temps de les siphonner pour laisser couler le flot de leur amour!»

Ah ah ah! Pardon. Je me fais rire.

Je me suis demandé pourquoi je m’acharne aussi fort  à déboulonner les contes de fées et les comédies sentimentales. Parfois, cette amertume me fait même un peu peur je m’en confesse. En fait, la raison est simple, j’ai l’impression qu’on m’a menti.

Depuis toujours on me raconte l’histoire d’une femme qui attend le grand amour, qui le trouve et c’est là que l’histoire se termine. Et évidemment, elle se termine bien.

J’ai donc appris à courir derrière une fin, utopique, parce que vous en conviendrez chers lecteurs, la seule véritable fin dans notre histoire à nous pauvres humains, c’est la mort. Mais où est-elle cette éternelle félicité que l’on m’a promise? Ce moment parfait où tout prend son sens et où je ne me pose plus jamais de questions?

À moins de recevoir une enclume sur la tête et de finir flagada, je ne crois pas qu’elle soit possible dans la vie humaine.

La vie humaine, c’est marcher, courir, tomber, se relever, tomber encore, se relever, rêver, jouir, souffrir, rire, goûter, subir, aimer, angoisser, créer, heurter, désirer, chérir, protéger, et quoi encore? Et tout! Tous les possibles. Tous les douloureux, tous les exaltants possibles.

Parfois je me demande à quoi ça rime. Pourquoi vivons-nous, pourquoi mourrons-nous? Pourquoi est-ce que j’écris? Et ces questions m’assomment, me paralysent.

Et je vis tout ça, je passe à travers tout ça, comme vous tous d’ailleurs. Parfois je tombe à genoux, parfois je frappe un mur, un immense mur muet et atone devant lequel je ne sais plus, je ne sais rien. Pourtant, je me relève encore et encore, parce qu’il faut que je lutte, parce qu’il est de mon devoir de me battre, de me servir de mon intelligence et du peu de sagesse dont j’ai été dotée pour aimer. Oui aimer. Aimer assez le monde pour le recréer sans cesse.

Parce qu’au fond, chaque fois qu’il est question de bonheur nous posons la mauvaise question. Nous devrions poser la question de l’amour dans son sens vaste. Question que n’ont jamais posée et ne poserons jamais les comédies romantiques et les contes de fées à la sauce Disney. Je pense que l’on ne trouve l’amour pur, dénué d’opportunisme que dans l’abandon total au chaos. Abandon auquel j’aspire.

Je m’excuse, je sais que je vous raconte toujours la même histoire. C’est mon os. Et je continuerai de le gruger parce que je sais que j’ai raison. (Ayoye, j’ai dit ça!)

Je ne sais pas pourquoi on vit, ni pourquoi on meurt, mais je commence à comprendre pourquoi j’écris. J’écris pour donner du sens. Oui, j’ai la prétention de croire que je détiens une clef. Je pense que j’ai un truc à transmettre. Parfois mes textes me coûtent cher. Souvent je me dis «Je peux pas croire que je vais dire ça! Je l’ai dit, my God je l’ai dit, je peux pas croire que j’ai dit ça!» J’essaie de faire preuve de courage et d’intégrité et ça n’est pas toujours facile. Comme ce soir. Ce soir j’ai tourné autour du pot et je n’ai pas totalement dit le fond de ma pensée. Mais je fais de mon mieux, parce que j’ai l’impression que le lecteur n’acceptera de me suivre que si je suis parfaitement honnête et transparente avec lui. Alors, je montre le flan. Même si je suis morte de trouille. Je montre le flan, s’il vous plait, choisissez la caresse et non la dague pour me répondre.

Oui souvent, je tombe à genoux, je suis aveugle et je me demande «À quoi ça rime?».

Puis, tout à l’heure, mon papa a pris délicatement un tout petit chat dans ses grosses mains, il lui a caressé le menton. Plus tard, un ami m’a avoué que je lui avais manqué et je me suis dit : «Ouaip, ben c’est à ça que ça rime.»

Et le déboulonnage de comédies romantiques et de contes de fée dans tout ça? Ben c’est simple, la Belle au bois dormant devrait se réveiller et vivre plutôt que d’attendre pour rien. Dans Funny Face, Audrey Hepburn a l’air de «dater» son grand-père parce que Fred Astaire a des plis de cou et les oreilles molles. Pis j’ai envie de gifler la plupart des héroïnes de films américains pour les réveiller. Finalement, comme le dit Georges Brassens «Il n’y a pas d’amour heureux», mais parfois, oui parfois, il y a sur notre route quelques trésors précieux dont il faut prendre soin avec une infinie tendresse.

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