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Je vais l’écrire. Je sais que je vais l’écrire. Je sais qu’il y aura bientôt une nouvelle dont il sera le «tu», mais pour le moment je suis sans voix. Sauf pour mon journal. Cet endroit intime où l’on inscrit tout, sans la moindre censure, sans retenue. Je vais l’écrire parce qu’il ne m’est pas possible de faire autrement. Mais pas tout de suite, pas maintenant. Je veux prendre le temps, pour que cette nouvelle soit fulgurante et singulière comme lui. Rebelle et discrète. Puissante et douce.

Je vois bien pourtant que vous êtes nombreux à tomber sur ce blog après avoir fait des recherches sur son nom. Et comme je l’ai cité quelque fois sur ce blog, évidemment vous tombez sur moi. Mais qui suis-je? Et bien voilà. Je vis le deuil d’un ami précieux. Karrick Tremblay, qui a fait un accident de voiture dimanche. Je vis le deuil d’une âme sœur littéraire, une âme complémentaire qui me confiait son travail et couvait le mien. Je vis le deuil d’un auteur brillant, subtil, sensible, intuitif et honnête.

Si vous n’avez jamais eu la chance de lire ses écrits, je vous conseille de vous procurer le dernier numéro de Moebius sur le nu. Le numéro 129 si ma mémoire est bonne.

Moi je suis privilégiée. J’ai visité son univers. Je l’ai aimé si fort qu’accepter d’en sortir me fait violence. Il va me manquer comme c’est pas possible. Il va manquer à notre littérature j’en suis certaine. Les âmes pures et intègres comme la sienne se font rares.

Hier, j’ai acheté des mangeoires à oiseaux parce que la beauté du monde avait besoin d’un sacré coup de pouce pour s’envoler.

Je n’ai pas encore décidé si j’ai la foi mon ami, mais si je l’ai, repose en paix où que tu sois. Et si je ne l’ai pas. Sache que tu reposes dans mon cœur à jamais.

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