Éternel débat s’il en est un… Cette fois-ci il a été remis au goût du jour (du moins mon goût du jour) par un article dans le magazine P45 : http://p45.ca/magazine/pourquoi-jai-quitte-la-ville-pour-revenir-en-region

Comme je suis une femme posée, réfléchie, qui prend le temps de digérer les informations reçues avant de prendre position, je me suis retenue à grands coups de : «ben voyons donc, il doit bien y avoir quelque chose de constructif a tirer de cet article» plutôt que de déballer le flo d’insanités et de commentaires acerbes qui me sont d’abord venus à la première lecture. Je l’ai donc relu ce matin et bien qu’un flot de saveurs citronnées aie remonté le long de ma gorge, me donnant des relents de reflux gastriques (probablement causés par l’abus d’ailes de poulet de la Cage puisque je suis une fille des régions), j’ai tout de même tiré un grande leçon, ou du moins une question pertinente de cet article et des commentaires qu’il a provoqués : «pourquoi, mais pourquoi diable les gens de la grandville et ceux des régions se sentent-ils obligés d’opposer les deux endroits dans un débat sans fin?»

Pourquoi, en effet, faudrait-il nécessairement que l’un soit préférable à l’autre? Et pourquoi, au nom du ciel, sommes-nous toujours en train de ressasser les mêmes arguments excessifs et inintéressants pour justifier notre point de vue? Ben oui, y’a des pas de classe à calottes qui se promènent en char montés en région, mais il y en a aussi en ville! Et mieux! En nous arrêtant un peu, peut-être trouverons-nous, au milieu de ces hondacivicromagnons, un homme fascinant, passionné de cinéma français, ou un peintre émouvant qui n’ose pas avouer à ses amis son amour pour l’art visuel (j’en connais un, si jamais il vous prend l’envie de me dire que c’est impossible)… Les êtres humains sont trop intéressants, multiples et singuliers pour les réduire à un ramassi de préjugés surranés.

Alors, la «grandville» ou les régions? Les deux, mais pourquoi pas les deux! Se complétant l’un l’autre parce qu’il manque à l’un ce que l’autre a en abondance!

Je suis une habitante des régions très éloignées! J’ai vécu àa Montréal! Et j’ai choisi le Bas-St-Laurent! Et, par dessus le marché, une maison située dans un fond de rang à 66 kilomètres de la ville la plus proche! Mais je vous l’assure chers lecteurs, il y a de la culture en région, de la brillante, fascinante et dynamique culture! Il y a même assez de culture pour qu’une culture off se développe en paralèlle de l’officielle! Oui, il faut chercher un peu plus longtemps pour l’explorer à fond et la connaître, oui il faut avoir quelques contacts et un intérêt soutenu. Mais l’effort, ne contribue-t-il pas à l’intelligence? Même en ce qui concerne la gastronomie, les régions sont remplies de richesses. Et si jamais on ne trouve pas de restaurant qui offre une soupe Tonkinoise à notre goût, qu’à cela ne tienne, nous n’avons qu’à en concocter une nous-même! Et par la même occasion, commencer une merveilleuse aventure culinaire!

Mais la plus grande richesse d’une région reculée est directement liée à son principal inconvénient : ici, la paix, la sainte criss de paix, ça existe! Avoir la chance de s’entendre penser! Avoir à deux pas de chez soi, une immense forêt où partir à l’aventure, muni d’une simle paire de raquettes, pour écouter les splendeurs de l’hiver ça n’a pas de prix! C’est extraordinaire et ça stimule la création! Ça augmente la sérotonine mieux que ne le ferait n’importe lequel des stimulants artificiels que l’on peut, malheureusement, trouver presqu’aussi facilement, dans n’importe lequel des clubs de région que dans ceux de la «grandville»!

Évidemment, à cela on pourrait opposer l’incroyable diversité culturelle de la «grandville». Où l’on peut découvrir en deux jours, restaurants, spectacles, expositions, bars plus diversifiés les uns que les autres! Où l’âme est constamment nourrie par des stimulations! Et tous ces gens fascinants que l’on peut y rencontrer, de tous les endroits du monde, avec leur bagage, leurs valeurs nouvelles, leurs âmes toutes tissées d’origines multiples desquelles nous ne pouvont qu’apprendre! Mais voilà, pourquoi opposer? Pourquoi sans cesse se retapper les clichés des «colons» de régions opposés aux «snobs» de la «grandville».

Les être humains sont ininiment plus subtiles! Les lieux plus diversifiés que ces stéréotypes réducteurs.

Si j’avais un conseil à donner à CamilleDT mais aussi à tous ceux qui ont commenté son article, qu’ils soient des régions ou de la «grandville» ce serait d’ouvrir un peu plus grand l’âme et les oreilles pour découvrir ce qu’il y a au-delà du bourgeois du plateau ou du gars à calotte en Honda Civic! Parfois on découvre des trésors lorsqu’on enlève nos oeillères!

Bref la «grandville» ET les régions, telle est ma réponse!

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