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C’est le seul film que j’ai pris le temps d’écouter depuis trois mois. Il aura bien fallu une grippe douloureuse et écrasante pour que je cède enfin aux joies de l’immobilisme. Pas je que sois hyperactive, mais il me semble toujours qu’il y a mieux à faire… Comme écrire sur ce blogue par exemple, ou lire ou plier le linge, ou faire le ménage du jardin. Mais voilà, samedi j’avais travaillé toute la journée, j’étais épuisée, sans voix (au sens propre) et mon cerveau flottait dans une mer de… souffrance! Je me suis donc arrêtée au petit dépanneur du coin pour attraper un film, dans leur sélection plutôt variée je dois l’admettre.

Bref, c’est le premier film que j’écoute depuis trois mois et je suis incroyablement bien tombée! C’est une réalisation d’Alejandro Amenabar et ça met en vedette Rachel Weisz, Max Minghella, Michael Lonsdale et Oscar Isaac. Ça raconte l’histoire d’Hypatie d’Alexandrie mathématicienne, astronome et philosophe qui à vécu sous le règne du premier empereur chrétien à Alexandrie. Elle aurait été tuée par les chrétiens (lapidée et mise en pièces pour ensuite être brûlée (on ne fait jamais rien à moitié quand il s’agit de fanatisme)) à cause de sa grande influence sur les hommes de pouvoir.

Ce péplum soulève beaucoup de questions. Païens, chrétiens et juifs s’entretuent du début à la fin dans des guerres de religion sanglantes et pendant ce temps, cette toute petite femme passe la quasi totalité du film les yeux tournés vers le ciel. La poésie soulevée par ce contraste est profonde, émouvante et si chargée de sens! Si nous passions plus de temps à tendre les bras à l’univers, à laisser notre conscience l’englober par instants, nos différences nous sembleraient bien petites et dérisoires…

Évidemment, le film se termine sur la mort tragique et violente de cette fragile fleur d’intelligence qui ne faisait rien de mal si ce n’est que de se tenir debout. Et cette fin démontre sans l’ombre d’un doute que dès qu’un homme croit avoir atteint LA vérité, dès qu’une idée cesse d’être malléable et mobile, qu’elle se durcit en certitude, les gestes les plus atroces deviennent justifiables pour défendre cette idée. Même la destruction et le massacre de ce qu’il y a de meilleur dans l’humain…

Alors, j’ai pleuré…

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