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Évidemment, lorsque l’on vient tout juste de se séparer (3 mois hier, triste anniversaire…), nos amis s’attendent tous à ce qu’on bouge, qu’on déménage, qu’on abandonne l’ancienne vie. Comme s’il fallait chasser d’un revers de la main tout ce qui a été et ne sera plus… Ce week-end, à Montréal, nombreux sont ceux qui m’ont demandé si j’allais revenir dans la métropole… Je les comprends. Maintenant que l’entreprise touristique que j’étais venue reprendre en région est tombée à l’eau à cause de ma séparation, qu’est-ce qui peut bien me retenir ici? Je suis une femme de culture, une femme curieuse qui a besoin de mouvement. Ici, j’ai droit à 4 pieds de neige l’hiver, j’habite à 45 minutes de la ville la plus proche et qui plus est dans un rang éloigné du village! Je n’ai même pas internet haute vitesse et je dois prévoir au moins une heure pour répondre à mes courriels le matin. Je suis entourée de bibliothèques, mais à part ma coloc, je n’ai personne à qui parler et mes amis les plus proches sont loin. Alors dites-moi mais qu’est-ce que je fou ici? D’autant plus qu’à Montréal ce week-end, j’ai trouvé les hommes beaux, l’exposition du musée d’art contemporain renversante, la bouffe merveilleuse (et que de choix d’aliments pour la passionnée de cuisine que je suis), les bars enlevants et les amis merveilleux! Il y a de la culture partout, tout le temps, pour tous les goûts. Il y a des librairies de livres usagés à tous les coins de rues. J’ai aimé retrouver Montréal, j’ai aimé marcher dans ses rues, j’ai aimé revoir mes proches… Mais voilà, j’ai aimé Montréal parce que je savais que je pouvais en sortir. Je savais que je n’y étais pas pour plusieurs mois, prisonnière des ses innombrables rues, magnifiques peut-être, mais qui me bloquent l’horizon et m’étouffent. En plus, le seul moment ce week-end où j’ai dit que j’aimais la vie, comme ça, spontanément, j’étais assise au soleil sur un banc du parc Lafontaine devant la verdure, le lac et les canards…

 

Aujourd’hui, j’ai enfilé mes vieux jeans, mon manteau de jardinage tout boueux et je suis sortie vider mes pots à fleurs… J’ai attaché la chienne sur sa bûche (voire Une ingénieuse invention de papa) pour qu’elle puisse gambader, mais pas trop librement tout de même. Il y avait le soleil tout autour, j’avais l’impression de nager dedans. Comme si chaque plante laissait échapper les rayons dont elles s’étaient gorgés tout l’été. Je trouvais la paix, j’étais dans la paix, je faisais partie du monde. Mon cœur était gonflé d’amour pour cette maison, ce jardin, ce lieu et je savais pourquoi j’ai répondu tout le week-end : «Non je reste là-bas, je garde l’auberge, c’est ma maison, j’aime ma maison.»

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