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Aujourd’hui rien ne bouge… Le chien dort en soupirant lourdement. Le ciel est gris, mais il n’y a pas de pluie. Une très légère brise fait frémir les branches de l’acacia, mais on ne peut pas appeler ça du mouvement. Il y a peut-être ces deux mouches qui tentent depuis un moment de faire l’amour sur ma tête qui parviennent à me faire réagir. L’homme qui s’est arrêté avec son «trailer» et sa pelle pour remplir de sable les trous du chemin est un événement. Rien ne bouge et même mon cœur est immobile. Je ressens cette douleur diffuse de la perte de l’homme que j’aimais qui continue de m’habiter, comme l’on vit dans une maison où nos pantoufles sont sur le pas de la porte depuis dix ans. Elle a mis ses livres sur les étagères, ses vêtements dans les tiroirs, sa brosse à dent sur le rebord du lavabo, j’ai peur qu’elle se soit installée en moi pour de bon. Aujourd’hui je fais parti du monde mais il n’y a pas de mouvement, aujourd’hui j’habite ma maison, comme ma douleur m’habite : sans avoir envie d’en sortir…

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