Mettons d’abord une chose au clair : ceci n’est pas un blogue érotique ou sexuel (dans mes rêves!) alors messieurs rangez vos mouchoirs!!!!!!! Ceci est un blogue de quoi? Partage d’anecdotes (des vrais et des faux, faites le tri vous-même), partage de mes moments d’inspiration littéraire (oui je vous ferai subir mes illuminations créatives, si cela vous blesse l’œil, passez à l’article suivant je ne vous en tiendrai pas rigueur), partage de mes aventures amoureuses (si j’en ai, sinon j’en inventerai de croustillantes promis!), partage d’opinions et de petits instants de vie, partage de trouvailles culinaires et recettes (parce que c’est bon manger et que je fais ça très bien!), partage de trouvailles glamour ou mode!
Mais surtout, les hauts et les bas de l’existence d’une jeune trentenaire célibataire artiste de métier qui a choisi de faire sa vie dans un rang reculé de la campagne gaspésienne ou bas-laurentienne selon votre allégeance!
Voilà, je pense que ça fait le tour alors : Bienvenue dans ma version toute personnelle de Sex and the city : «Sex in the country» où l’aspect reculé du 5ème rang de X ne sera jamais un obstacle au glamour!
Ne sont-elles pas époustouflantes? Elles sont arrivées dans ma vie parce que j’ai eu soudainement un désir d’audace vestimentaire. Un trait rouge sur ma démarche. Une tache sanglante dans mon accoutrement. Je les trouve belles, lumineuses, délicates, flamboyantes. Elles disent quelque chose sur moi et croyez-le ou non, j’ai toujours considéré les vêtements comme un mode d’expression très important. Mais y’a ces mots qui me dérangent, qui hantent ma tête : «Fuck me boots» » «Bottes de plotte» «Bottes de pute» «Bottes de pétasse». Pourtant, je sais que je ne suis pas ça. Ou peut-être le suis-je selon certains points de vue. Mais je sais que ça n’est pas mal. J’aime la couleur simplement. Alors je me suis demandé pourquoi jette-t-on ce regard méprisant sur les femmes qui aiment ce qui brille, ce qui flashe, ce qui sparkle? Je n’ai pas acheté ces bottes naïvement vous savez, je sais au fond de moi ce que certaines personnes en pensent et j’ai envie de vous l’avouer ce soir : ça me fait sourire en coin.
Tu permets que je t’appelle Greg? Comme tu as mis ta langue dans ma bouche je me dis que je dois pouvoir te nicknamer. On est assez intimes. La raison pour laquelle je t’écris Greg, c’est que je crois qu’hier soir au bar, tu as dû me trouver un peu bizarre. Tsé, ça doit pas t’arriver souvent quand tu cruises une fille de te faire demander quatre fois : «T’es sûre là que t’as pas déjà une femme dans ta vie?» Le pire, Greg, c’est que tu m’as dit «non», mais la réponse, la vraie réponse, ça pourrait aussi ben être oui. Peut-être même que tu t’appelles pas Greg, peut-être que tu t’appelles François. Je ne le saurai jamais. T’avais le beau jeu, t’étais en ville pour une conférence, ni vu ni connu tsé, tu pouvais faire du plat à une fille pendant que ta femme torchait vos trois enfants toute seule à la maison. Peut-être même qu’avant de sortir au bar pour chasser, tu l’as appelée pour lui dire «je t’aime, je me couche tôt ce soir, je suis vanné».
Mais je vais te donner le bénéfice du doute, pour l’instant tu t’appelles Greg, t’es célibataire, t’avais le droit de sortir flirter. Pis c’est moi qui t’a tapé dans l’œil. J’ai trouvé ça ben correct. Je te trouvais beau moi aussi. Ben, ce que j’arrivais à voir de toi, parce que j’étais saoule en osti. Quand j’suis arrivée à la SAQ hier, j’ai demandé au commis de me conseiller une bonne bouteille de mousseux pour accompagner une peine d’amour, c’est ben pour dire. Bref, tu m’as fait du plat, je me suis laissée faire, on a parlé un peu, pis on a dansé cochon. Là je me fais rire! C’était la première fois de ma vie que je dansais cochon. J’ai toujours trouvé ça un peu malaisant le monde qui danse cochon. Pis hier, j’étais tellement dépassée et saoule que je me suis dit «Ah! Pis d’la marde, j’suis pas pire que les autres, moi itou je danse cochon!» Ça fait qu’on se colle, on se taponne et à un moment donné la chose s’est produite. Tu as posé tes lèvres sur les miennes, tu as mis ta langue dans ma bouche. Bref, tu m’as frenché.
Mais voilà Greg, quand je t’ai embrassé, je n’ai rien ressenti. Toi ou un mur, je n’aurais pas su faire la différence. J’ai vraiment essayé fort, j’te jure! J’ai essayé de goûter tes lèvres, de sentir ton souffle, j’ai cherché le désir dans ta bouche, mais je n’ai rien trouvé. C’est pour ça que finalement, épuisée par trop d’efforts je t’ai dit : «Je m’excuse, j’suis pas capable, j’ai l’cœur brisé.» Au début, t’as pas trop compris Greg, tu m’as dit «c’est pas grave, c’est pas sérieux on fait juste s’embrasser pour le plaisir». Probablement que tu pensais que je m’imaginais que t’étais en train de me demander ma main, pis que je te répondais que j’étais pas prête pour le moment. Mais c’était pas ça. Pas du tout. Je venais de réaliser une chose horrible. Moi, à qui les fesses chauffent dès qu’un homme m’effleure. Moi, qui a tout de suite une montée de salive et une envie de mordre dès que je vois une belle paire d’épaules. Moi, j’étais asséchée, aride, tarie. Je n’ai pas eu le choix de me faire plus convaincante pour te repousser «non, non, j’suis juste pas capable, je ne peux pas t’embrasser, j’y arrive pas. Bonne soirée Greg, désolée».
Je veux que tu saches que t’as été cool, t’as vraiment agi en gentlemen, tu m’as pas traitée d’agace, tu t’es retiré dignement. Je pense que tu peux retourner chez toi la tête haute (à moins que t’aies une femme et que tu m’aies menti, si jamais c’est le cas Greg, je pense que tu mérites que je te déchire).
Mais en me réveillant ce matin, je me suis dit «Pauvre gars, je lui dois quand même quelques explications c’est pas très cool de se faire revirer de bord de cette manière». C’est pour ça que je t’écris. Parce que peu importe qui tu es Greg, le mec qui ment et trompe sa femme ou le mec gentil et honnête, je pense que, grâce à cette lettre, je suis parvenue à te passer le message que tu mérites.
Hier, grâce à toi, j’ai découvert quelque chose de bien triste.
J’ai le mécanisme du désir cassé Greg, je vais prendre le temps de l’envoyer au garage pour le faire réparer avant de refaire un essai routier, j’espère juste que c’est pas une perte totale.
P.S. (Si jamais tu croises Bob, Bernard pis Martin, les gars qui étaient assis à la table juste à côté de la piste de danse, dis-leur de ma part que j’suis désolée d’avoir bu dans leur bière).
Inondée d’amour à la vue de mon parrain. La tuque enfoncée sur les yeux. Son beau visage doux. Ses lunettes en fonds de bouteilles. Qui passe la souffleuse dans sa cour pour se frayer un chemin jusqu’à son cabanon chauffé.
Mon héros du jour.
Appuyée contre la vitre de la porte patio, je sirote ma tisane énergisante concoctée par marraine sorcière. Je mords dans un beigne maison. Et je le regarde, lui, qui déblaie son sentier. Je suis envahie soudain par une profonde lumière. Une envie d’amour total à offrir. Quand je vois cet homme, qui a perdu sa fille disparue, qui me traite comme un trésor précieux, j’ai envie de le dire. De le nommer. Mais tout ce que j’ai à décrire, c’est un visage vulnérable sous une tuque, un nuage de neige et l’espoir d’un cabanon retrouvé.
Il y a de la beauté partout, suffit de la voir pour la redonner.
Moi, inondée d’amour, je viens de sortir de la boue, je déplie et nettoie avec précaution mes ailes de libellule toutes froissées pour qu’elles laissent à nouveau passer la lumière.
Taaaabaarnak! Un autre coup du destin, peut-être même deux. Comme une louve blessée je me replie dans mon clan. Ici au milieu des rires des sorcières de ma famille qui se sont réunies pour me tisser un cocon de prana, j’écoute le dernier album de Lana Del Ray et je sacre ma vie! Toujours j’ai tenté de garder de mon calme, d’éviter la confrontation parce que je n’aime pas l’amertume, parce que je considère que c’est inutile parfois de mordre. Que la violence n’engendre que la violence. Puis tout à coup, voilà t’il pas que c’en est trop! Voilà t’il pas que la seule option soudain c’est de mordre jusqu’à ce que je sente les os craquer sous ma dent intransigeante. Mais aussi parce que parfois, certains individus doivent se faire montrer un miroir, certains individus doivent impérativement se faire dire qui ils sont. Et cela pour les sauver d’eux-mêmes, mais surtout pour éviter qu’ils sabotent d’autres personnes. Je ne serai plus une victime, j’en ai soupé. Je me ferai le porte étendard des hommes et des femmes qui luttent contre la violence psychologique et la manipulation. Un bleu, ça disparait, mais il est des blessures liées à une autre sorte de brutalité qui prennent un temps fou à guérir, voire qui ne guérissent jamais. Malheureusement, aucune loi ne peut nous préserver de ce genre de violence qui porte parfois encore plus de dommages. Il est passé le temps où je pardonnais, ou j’expliquais, ou je prenais en pitié ce genre d’attitude. C’est décidé, à partir de ce soir, je mords. Avec parcimonie, objectivité et réflexion, mais je mords. Ce soir j’ai compris que certaines personnes ont besoin d’un sacré coup de pied au cul pour changer et cesser d’agir comme des merdes. Et si j’ai décidé de me mettre en colère, c’est parce que j’ose espérer qu’en certains cœurs subsiste assez de lumière pour leur donner la force de changer. Je souhaite de tout coeur que l’avenir me donnera raison.
J’ai besoin de croire, qu’un jour, peut-être dans 500 ans de cela, mon espoir, mes efforts du côté de la lumière, auront poussé ne serait-ce que deux personnes à agir mieux. Comme le battement d’aile d’un papillon. J’ai besoin de croire en l’humain, je ne veux pas laisser mourir la beauté du monde. J’ai besoin de me tenir debout et de lutter pour elle. Et si vous me promettez de faire de même, si vous vous accrochez fort du côté de la lumière, si vous êtes ne serait-ce que six à me lire et à y croire profondément, ben on aura peut-être de l’influence sur le cœur de 14 personnes en 2512. Donc si mon calcul est bon, en 3012, l’ensemble de l’humanité (parce que le reste aura crevé dans un cataclysme) sera profondément et viscéralement bon et honnête. Ok je blague, là, mais vous comprenez tout de même à quel espoir j’agrippe ma foi.
Oui je suis en tabarnak! Mais j’ai pas envie de dire «pauvre de moi, je méritais pas ça», personne ne mérite ça anyway. Ça arrive quand même. Hier, j’ai perdu un petit morceau de ma confiance en l’humanité, mais je vais lutter très fort pour le retrouver. Et c’est déjà commencé. Aujourd’hui, j’ai dit merci de tout mon cœur à un homme que j’admire et qui porte mon travail sous son aile, j’ai chanté ainsi font-font-font les petites marionnettes à un bébé échevelé qui vit à plusieurs milliers de kilomètres de moi. J’ai tissé des liens dans l’adversité avec une personne qui m’était inconnue jusqu’à hier. J’ai été honnête avec ma mère. J’ai dit merci à mes amis de me donner autant de lumière. J’ai regardé ma famille et je l’ai trouvée belle malgré les terribles épreuves qu’elle traverse (http://www.trouvermarilyn.com/).
Mais aussi, je me suis mise en colère parce que j’ai pensé que cela était juste.
Oui, je sais, mes textes finissent toujours par «aujourd’hui» suivi d’une énumération gorgée d’espoir et d’utopie. Mais si j’aime ça l’utopie moi, j’ai bien le droit d’en boire à satiété. Et malgré la douleur sourde qui me fouille les trippes et que seul le temps pourra atténuer, je vous dis «Trinquons, santé!»
Ayant eu une formation en théâtre, je l’ai lu plus d’une fois. Je l’ai vu jouer aussi. Je détestais cette pièce. Pour moi «On ne badine pas avec l’amour» de Musset et «Deux tangos pour toute une vie» de Marie Laberge avaient droit à un égal niveau de haine. Une haine viscérale. Avec un peu de recul, je réalise que ces deux pièces portent sur les mêmes sujets : l’amour, sa durée, son intensité, la désillusion, le renoncement. Pour faire une histoire courte, «On ne badine pas avec l’amour» raconte l’histoire d’une jeune fille qui renonce à marier l’homme qu’elle aime et choisit plutôt la vie de none parce que les sœurs qu’elle a côtoyées au couvent l’ont désillusionnée à propos de l’amour. «Deux tangos pour toute une vie» quant à elle, relate la vie d’une femme qui n’est plus heureuse dans son mariage et vit une brûlante passion avec un collègue de son mari, mais décide de rester dans son ménage parce qu’elle est enceinte.
Ce soir, en préparant un atelier, je me suis replongée dans la pièce de Musset (Laberge attendra, je n’ai pas encore ramassé assez de courage pour me retaper deux monuments de désillusion dans une même soirée). En lisant la fameuse scène où Camille explique à Perdican pourquoi elle ne veut pas l’épouser, je ne sais pas si c’est ma trentaine et/ou l’immense et douloureuse rupture qui en marqué le début, mais il m’a semblé que l’œuvre de Musset venait de s’enrichir d’une deuxième, voire d’une troisième couche de sens. Et, croyez-le ou non, je me suis offert le plaisir de lire quelques répliques à voix haute, j’ai frissonné et j’ai trouvé ça beau. Mais le choc est venu quand j’ai réalisé une chose assez troublante…
Je me suis identifiée au personnage de Perdican.
Même si une petite princesse naïve et agonisante continuait de hurler en moi, toute mon empathie s’est dirigée vers le personnage réaliste, un tantinet désillusionné du jeune premier. Puis, je me suis dit : «Mais c’est terrible! En 2012, malgré l’apparente libération de la femme, même si nous travaillons, sommes indépendantes, allons à l’école, sommes libres de nos allers et venus, les mêmes idées et images aliénantes continuent de gouverner nos esprits et nos cœurs que celles qui hantaient la pauvre Camille en 1835.» L’illusion de l’amour idéal, de cet ultime rencontre qui nous ferait nous sentir entières enfin. Cet immense besoin d’être reconnues par l’autre, de se refléter en lui pour nous prouver que nous sommes uniques. Et puis bang! Un jour ça pète de partout et en se reconstruisant on réalise qu’il y a tout un tas d’amours possibles, qu’on a l’embarras du choix et c’est l’égarement, la perte de sens.
Si, au bout du compte, notre vie ne se résumait pas en cette quête d’absolu, où allons-nous, à quoi servons-nous?
Peut-être au fond, que comme Camille, nous ferions mieux de nous tourner vers autre chose pour nous donner la foi. Ce qu’il y a de bien c’est qu’au moins, aujourd’hui, nous n’avons pas à nous cloitrer ni à choisir un seul Dieu pour unique amour. Nous pouvons nous permettre d’être polythéistes et frivoles!
Ainsi je crois en ma passion d’écrire, mais aussi en celles de jardiner, de slamer, et aucune de ces joies instigatrices de sens n’exigent de moi que je renonce à l’amour. Et si cet amour venait à se tarir, ce qu’il y a de merveilleux, c’est qu’il y en aura d’autres. Bref, il est important de garder en tête, que parfois même les immenses déceptions nous gratifient de la liberté nécessaire à notre total épanouissement.
Ce soir, en lisant on ne badine pas avec l’amour, j’ai eu envie de lancer cette phrase à certains des hommes que j’ai aimés : «Merci de m’avoir dit «Je ne t’aime plus». Et à ceux pour qui je suis celle qui a prononcé ces mots douloureux, merci d’avoir voulu vivre avec moi, pour un moment, sous le même éclairage. Chacun d’entre vous, m’aura donné, à sa façon ce qu’il me faut pour me reconnaître entière et m’aimer.
Je vous laisse sur cette merveilleuse réplique de Perdican, celle qui a fait se dresser le poil de mes avant-bras ce soir :
«Adieu, Camille, retourne à ton couvent, et lorsqu’on te fera de ces récits hideux qui t’ont empoisonnée, réponds ce que je vais te dire : Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois; mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.»
Les années 80 ont eu quelque chose de bon. Elles m’ont fait découvrir que de se coucher sur un lit pour remonter ses jeans avec un cintre en retenant son souffle est une excellente métaphore pour dire que parfois la vie est trop petite pour l’usage que l’on voudrait en faire…
Ben oui j’en suis là. Il y a presque un an et demi que ce blogue est ouvert. J’ai dépassé les 11 000 visites. Je ne sais pas si c’est beaucoup dans l’absolu, mais pour moi c’est énorme. J’ai simplement besoin de vous dire : merci de me lire.
Je me souviens au début je traquais les statistiques ainsi que les commentaires parce que j’avais soif de savoir que vous étiez là, à l’autre bout à recevoir mes textes. Écrire sans être lue, c’est bien aussi, mais ce n’est pas pareil. Aujourd’hui, je suis flabergastée de me rendre compte qu’à chaque nouvelle entrée je reçois en moyenne une centaine de visites. J’ai même plus d’une vingtaine d’abonnés. Vous me retweetez, vous partagez mes articles. Wow!…
Lorsque nous sommes lecteurs, nous éprouvons un plaisir immense en découvrant un auteur qui arrive à exprimer les choses comme nous les ressentons. Il devient alors comme un ami qui nous accompagne et qui nous rappelle que nous ne sommes pas seuls. Dans mon cas, c’est arrivé avec Virginia Woolf, Marguerite Duras, Yvon Rivard, Danny Laferrière, Robert Lalonde, Annie Ernaux, Kateri Lemmens, Karrick Tremblay et d’autres encore. Il me semble que cette chimie se produit lorsque nous avons avec eux la même intuition de l’amour. L’amour total. Celui de la vie. Parmi ces auteurs, certains sont des êtres brisés. Je ne sais pas pourquoi. Pourquoi cette sensible et délicate proximité avec la vie brise les êtres parfois. Je ne sais pas. J’en ai l’intuition, mais je ne sais pas. N’en reste pas moins qu’en les lisant, je me sens moins seule.
Alors de savoir que mes textes vous accompagnent, vous touchent, vous inspirent ou raisonnent en vous. Ça me comble, ça me sature de bonheur. Si vous me lisez, c’est que je partage avec vous une intuition de l’amour. Et croyez-le ou non, c’est grâce à cela aussi que je me sens moins seule.
Dans ma maison, comme toujours il y a la gaîté d’un feu de foyer dans l’âtre. Il y a du soleil qui entre par toutes les fenêtres. Il y a le chien et le chat qui dorment à mes pieds. Mais en plus aujourd’hui il y a la certitude qu’au bout de mes mots sont accrochés vos cœurs. Alors pour ça je dois impérativement vous dire merci.
Des gens qui applaudissent lorsque les amoureux s’embrassent, une tonne de personnages secondaires drôles/attendrissants qui ne se mêlent pas de leurs affaires et qui interviennent pour «matcher» les tourtereaux. Les comédies romantiques sont absurdes. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il arrive souvent que l’amoureux transi, dans un moment absolument inopportun, s’élance dans une envolée lyrique sur le sens de la vie. Il se compare alors à un chef d’orchestre, un pilote d’avion, un chef cuisinier ou un fleuriste pour faire comprendre à sa tendre dulcinée à quel point il est sage, poétique et profond. Je verrais bien un mec dire à une fille, alors qu’ils attendent l’ambulance parce que sa grand-mère s’est pêté la yeule dans les escaliers : «Tu sais Monica, moi dans la vie je suis un peu comme un plombier. Je sens quand les femmes ont le drain émotionnel bouché, je sais toujours quand vient le temps de les siphonner pour laisser couler le flot de leur amour!»
Ah ah ah! Pardon. Je me fais rire.
Je me suis demandé pourquoi je m’acharne aussi fort à déboulonner les contes de fées et les comédies sentimentales. Parfois, cette amertume me fait même un peu peur je m’en confesse. En fait, la raison est simple, j’ai l’impression qu’on m’a menti.
Depuis toujours on me raconte l’histoire d’une femme qui attend le grand amour, qui le trouve et c’est là que l’histoire se termine. Et évidemment, elle se termine bien.
J’ai donc appris à courir derrière une fin, utopique, parce que vous en conviendrez chers lecteurs, la seule véritable fin dans notre histoire à nous pauvres humains, c’est la mort. Mais où est-elle cette éternelle félicité que l’on m’a promise? Ce moment parfait où tout prend son sens et où je ne me pose plus jamais de questions?
À moins de recevoir une enclume sur la tête et de finir flagada, je ne crois pas qu’elle soit possible dans la vie humaine.
La vie humaine, c’est marcher, courir, tomber, se relever, tomber encore, se relever, rêver, jouir, souffrir, rire, goûter, subir, aimer, angoisser, créer, heurter, désirer, chérir, protéger, et quoi encore? Et tout! Tous les possibles. Tous les douloureux, tous les exaltants possibles.
Parfois je me demande à quoi ça rime. Pourquoi vivons-nous, pourquoi mourrons-nous? Pourquoi est-ce que j’écris? Et ces questions m’assomment, me paralysent.
Et je vis tout ça, je passe à travers tout ça, comme vous tous d’ailleurs. Parfois je tombe à genoux, parfois je frappe un mur, un immense mur muet et atone devant lequel je ne sais plus, je ne sais rien. Pourtant, je me relève encore et encore, parce qu’il faut que je lutte, parce qu’il est de mon devoir de me battre, de me servir de mon intelligence et du peu de sagesse dont j’ai été dotée pour aimer. Oui aimer. Aimer assez le monde pour le recréer sans cesse.
Parce qu’au fond, chaque fois qu’il est question de bonheur nous posons la mauvaise question. Nous devrions poser la question de l’amour dans son sens vaste. Question que n’ont jamais posée et ne poserons jamais les comédies romantiques et les contes de fées à la sauce Disney. Je pense que l’on ne trouve l’amour pur, dénué d’opportunisme que dans l’abandon total au chaos. Abandon auquel j’aspire.
Je m’excuse, je sais que je vous raconte toujours la même histoire. C’est mon os. Et je continuerai de le gruger parce que je sais que j’ai raison. (Ayoye, j’ai dit ça!)
Je ne sais pas pourquoi on vit, ni pourquoi on meurt, mais je commence à comprendre pourquoi j’écris. J’écris pour donner du sens. Oui, j’ai la prétention de croire que je détiens une clef. Je pense que j’ai un truc à transmettre. Parfois mes textes me coûtent cher. Souvent je me dis «Je peux pas croire que je vais dire ça! Je l’ai dit, my God je l’ai dit, je peux pas croire que j’ai dit ça!» J’essaie de faire preuve de courage et d’intégrité et ça n’est pas toujours facile. Comme ce soir. Ce soir j’ai tourné autour du pot et je n’ai pas totalement dit le fond de ma pensée. Mais je fais de mon mieux, parce que j’ai l’impression que le lecteur n’acceptera de me suivre que si je suis parfaitement honnête et transparente avec lui. Alors, je montre le flan. Même si je suis morte de trouille. Je montre le flan, s’il vous plait, choisissez la caresse et non la dague pour me répondre.
Oui souvent, je tombe à genoux, je suis aveugle et je me demande «À quoi ça rime?».
Puis, tout à l’heure, mon papa a pris délicatement un tout petit chat dans ses grosses mains, il lui a caressé le menton. Plus tard, un ami m’a avoué que je lui avais manqué et je me suis dit : «Ouaip, ben c’est à ça que ça rime.»
Et le déboulonnage de comédies romantiques et de contes de fée dans tout ça? Ben c’est simple, la Belle au bois dormant devrait se réveiller et vivre plutôt que d’attendre pour rien. Dans Funny Face, Audrey Hepburn a l’air de «dater» son grand-père parce que Fred Astaire a des plis de cou et les oreilles molles. Pis j’ai envie de gifler la plupart des héroïnes de films américains pour les réveiller. Finalement, comme le dit Georges Brassens «Il n’y a pas d’amour heureux», mais parfois, oui parfois, il y a sur notre route quelques trésors précieux dont il faut prendre soin avec une infinie tendresse.
Moi la semaine dernière je vous jure que j’ai croisé l’un des reines du Père-Noël! Je m’en retournais dans mon rang en voiture et il a bondit devant mon carrosse, arborant son magnifique panache au milieu des flocons!
Ce soir, je dors chez la reine mère des sorcières élégantes et je sais que la pluie d’amour qu’elle fera fondre sur moi me donnera des ailes pour le reste de l’année!
Les autres filles-fées et moi, descendantes directes de la lignée du Sparkling, allons rivaliser d’étincelles pour faire honneur à notre éblouissante grand-mère.
Il y aura une table garnie de somptueux mets préparés par la main habile des prêtresses du Nord.
…
J’ai bu trop de crème de Cassis de l’Île du milieu me direz-vous.
… Peut-être.
En fait, je sais que dans les derniers temps, j’ai maltraité les contes de fées, j’ai donné de la misère aux princesses et j’ai ridiculisé les comédies romantiques. Je voudrais faire mon mea culpa aujourd’hui. En fait, je voudrais simplement rebâtir un nouveau palais étincelant au-dessus des ruines de celui que j’ai massacré à grands coups de sarcasmes. Comme la plupart des garçons et des filles de ma générations, je n’ai pas été épargnée contre les clichés des contes de fées et autres histoires bourrées de stéréotypes et de rôles traditionnels. Je suis entourée de femmes et de jeunes femmes qui croient encore que leur bonheur dépend de l’apparition soudaine de L’Homme dans leurs vies. Et qui attendent son arrivée pour être heureuses.
J’aimerais que ces femmes sachent qu’elles se suffisent.
Tout comme j’aimerais que les princes qui tombent amoureux des chevaliers puissent vivre leur amour en toute quiétude, se marier et même adopter si tel est leur désir.
Tout comme j’aimerais que les princesses qui se sentent incapables d’élever un enfant, puissent avoir recours aux services de sorciers et sorcières faiseurs d’anges en toute quiétude sans être jugées, sans se ruiner, sans que l’on ajoute de complications et de souffrances à leurs libres choix.
Mon souhait, est que tous puissent réinventer leurs propres contes, sans être jugés parce qu’ils ne respectent pas le canevas originel.
Je veux des ogres amoureux, des princesses féministes, des rois déchus, des lutins géants! Je veux des licornes libres, des méchantes sorcières polies, des fées étourdis!
Bref, pour Nowel, je vous souhaite assez d’imagination pour vous réinventer un monde. Je vous souhaite assez d’imagination pour voir toute la vaste beauté et la source de magie inépuisable qui se cache dans les différences.
Bref, pour Nowel, je vous souhaite assez de merveilleux pour traverser votre histoire en la jugeant par l’oeil de la lumière.